Je croyais que j'allais voir un film qui parlait de la vieillesse. En fait, c'est un film qui parle d'amour. De l'amour qui doit s'imposer face aux conventions de familles et de milieu social, voire de caste (on est en Inde, ne l'oublions pas). D'amour homosexuel et de sentiment de culpabilité, mais aussi de rédemption. De la quête sinon de l'amour, mais d'au moins un compagnon ou une compagne qui permettrait de ne plus vivre seul. D'amour conjugual qui s'est érodé et a disparu au fil des décennies. Et aussi de ce mélange d'amour, d'amitité et de complicité qui fait la base d'une relation durable. Même si Romeo a soixante-cinq ans et Juliet plus de soixante-dix (enfin bon, il y a aussi un jeune couple de vingt et quelques années qui allie le bagout du jeune acteur de Slumdog Millionaire et la beauté d'une jeune actrice à la Bollywood). On y parle également d'une vieille gouvernante dont la seule affection, la seule famille était celle dont elle s'était occupée toute sa vie, et qui retrouve à la fin du film une nouvelle famille de substitution, une nouvelle place qui lui permet de faire ce dans quoi elle excelle et s'épanouit : gouverner, diriger, régir, mais aussi aimer à sa façon. Et tout ceci dans le cadre délabré et so romantic d'un vieux palace indien.
Bien sûr, le film est plein de bons sentiments, mais ils ne sont pas trop trop trop explicitement exposés. Bien sûr, il est un peu "cliché - carte postale - agence de tourisme", mais dans une optique assez roots et authentique. Mais surtout, le film est porté par des acteurs étonnants de sincérité et de britannisme, des anglais pince sans rire et un peu décalés comme on les aime. On n'éclate pas de rire à chaque réplique, mais on sourit avec attendrissement.
Une bouffée d'oxygène. Une lueur d'optimisme. Une humanité bienfaisante. Et puis, mon Dieu, que cela est rafraîchissant autant qu'exotique quand on s'est tapé une dizaine de bandes-annonces de blockbusters à l'American Pie ou à la Die Hard juste avant le film !